Prêt à lire la première page de mon dernier roman ? Alors, c’est parti pour « Le rire jaune », chapitre 1 !

Une autre façon de rire ?


1.

La lune était claire, bien ronde, bien nette : elle plaisait à Bernard qui arpentait sa rue d’un pas tonitruant. Sa rue et toutes ces maisons dissonantes – des trapues, des fluettes, des évasées, des mêmes pas droites, mais toutes bien collées les unes aux autres et tant pis pour la symétrie – formaient un formidable caisson de résonance. De là à se considérer comme un compositeur de musique de rue, il n’y avait qu’un pas…

À cette heure, personne à part lui : tout le monde était derrière ses fenêtres. Bernard appréciait cela aussi : être seul et bien en vue, comme un coq sur son tas de fumier. Il vit sa maison se profiler au loin. Chaque pas le rapprochait un peu plus, mais il n’était pas pressé. Il rentrait chez lui. Il était content. Son plaisir, rythmé par la balade, allait crescendo.

Entre chaque réverbère, la nuit reprenait ses droits : il faisait très sombre et les yeux, après avoir brûlé, avaient du mal à discerner les détails. Aussi, quand Bernard arriva sur le pas de sa porte, il n’avait encore rien remarqué. Il fallut qu’il s’arrête, qu’il lève les yeux pour qu’enfin sa bouche s’ouvre sur un cri muet et que son estomac se révulse.

Sur la porte, un poignard était fiché et la lame, avant d’attaquer le bois, s’en était pris à son chat. Ce dernier ne lui ressemblait déjà plus tant la mort s’était fait plaisir. Et, non, cette deuxième bouche béante taillée au couteau sur le cou de l’animal ne le fit pas rire.

Le silence de la rue était impeccable. Bernard le sentit prendre possession de lui. Cette fois, le jeu était allé trop loin.

Ce roman en est au stade terminal : envoi aux éditeurs !
Espérons que ce ne sera pas une mort annoncée et souhaitons lui bonne chance.

porte-bonheur belliqueux !

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