le plaisir en suspens (première partie)

Alors, il entreprit de s'ennuyer...

Aussi, il était TROP BIEN en vacances ! Après 6 mois de routine harassante, ce nœud dans le ventre que l’on appelle travail, de repas insipides et de sommeils sans rêve, une autre vie s’offrait à lui. Comment lui résister ? Il n’y pensa même pas. Quand il arriva au camping de l’Océan, il enleva sa chemise, enterra son téléphone et ne pensa plus à tout ça. Il fallait profiter. Oui, mais comment ? Il réfléchit.

Il pourrait multiplier les activités sportives et culturelles jusqu’à complet écœurement. Alors, il aurait peut-être envie de les retrouver, cette routine harassante, ce nœud dans le ventre que l’on appelle travail, ces repas insipides et ces sommeils sans rêve. Comme quelqu’un qui a trop mangé et qui croit qu’il ne pourra plus jamais rien avaler de toute sa vie.

Le problème avec cette solution, c’est que, ainsi bousculé, le temps court trop vite, si vite qu’il finit par s’échapper et en moins de temps qu’il n’en faut pour digérer, fizzz !! les voilà derrière vous, ces belles vacances prometteuses !

Non, pour lui, ce n’était pas la bonne solution. Il fallait au contraire tout faire pour que ce temps trop pressé, ralentisse, fasse une pause, accepte de prendre un café et, pourquoi pas ? reste pour le dîner.

Alors, il entreprit de s’ennuyer.

Pour cela, il commença par se lever tôt, histoire que la journée ne commence pas sans lui. Ensuite, pour que chaque seconde s’étire et que chaque minute ressemble à une heure, il choisit une activité pas trop intéressante, en tout cas, de celle dont on aime à changer une fois le goût passé. Le scrabble. Il commença sa partie solitaire à 8 heures du matin et s’interdit de passer à autre chose avant la fin de la journée. Cette dernière lui parut rétrospectivement bien longue et il se félicita. Son objectif était atteint. Le lendemain, il fit des mots croisés.

Cependant, même si le temps s’allongeait indéniablement avec ce procédé, il n’en passait pas moins. Et les jours, malgré cet habit monotone dont il les revêtait, s’égrenaient quand même, le rapprochant de la date fatidique du retour à la réalité. Contrarié, il partit réfléchir sur la plage. Il marcha longtemps en comptant chacun de ses pas, toujours afin de ralentir ce temps, de ne rien laisser lui échapper. Soudain, ses yeux se rétrécirent jusqu’à devenir loupe et il vit que le sable était composé d’une multitude de cailloux de toutes les couleurs. Cela lui donna une idée…

(à suivre!)

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Un commentaire pour le plaisir en suspens (première partie)

  1. sandrine

    plus vite la suite ……